L’email a-t-il tué le courrier papier ?

L’arrivée des mails dans le monde professionnel et dans la vie quotidienne a bouleversé nos habitudes et relayé le papier à un article secondaire, encombrant des étagères, et que l’on ne sait plus comment classer ?

Cependant, derrière des apparences pratiques de façade, l’E-mail ne remplace pas encore complétement le papier. Les raisons sont simples : d’une part un grand nombre de personnes est attaché à l’objet lui même, et à son contact ; et d’autre part il existe une fore de défiance au tout électronique, qui laisse encore de beaux jours à la cellulose.

Vers le tout dématérialisé ?

A l’heure où tous les documents administratifs sont en passe d’être dématérialisés, et où on parle d’ordinateurs portables qui remplacent les cahiers et les trousses dans les cartables, la question de l’avenir du papier se pose. Mais la dématérialisation provoque une fracture numérique dans notre pays comme chez nos voisins. Elle rend les usagers méfiants et nécessitent des solutions de sauvegarde que tout le monde ne peut pas mettre en place. Aujourd’hui, même si cela peut prêter à rire, tout le monde n’a pas de téléphone mobile, d’ordinateur et de connexion Internet. Rien ne rend d’ailleurs leur achat obligatoire. Et force de constater que la plupart des procédures devenues numériques nécessitent l’impression de brouillons ou de livrets d’explication.

Et pour la planète ?

Décrié pour être trop utilisé, le papier est-il plus ou moins écologique que les E-mails ? Pour l’heure les avis ne sont pas tranchés et les études demeurent encore incomplètes. Mais comme dans tout ce qui touche à la planète, on a tendance à penser que ce que l’on ne peut pas voir n’a pas d’impact. Rien n’est moins intangible qu’un mail, il est donc légitime de se dire que ce moyen de communication est respectueux des enjeux environnementaux. C’est une grave erreur que de le penser, car en accumulant ces messages électroniques sans jamais ne les effacer, on consomme un espace de stockage phénoménal dans des serveurs. Ceux-ci sont placés dans des centres gigantesques, dans les pays froids, et nécessitent une quantité d’énergie inouïe pour être refroidis. Sans compter l’artificialisation des sols lors de la construction des centres de stockage.

Côté papier, il y a certes les processus de fabrication industriels, mais sa création ne met pas en danger les forêts, dont la surface augmente depuis les années 60. de plus, grâce à des labels tels que la certification PEFC, et au papier recyclé, les impacts de la production ont été réellement réduits.

Une économie nationale à préserver

Le papier est issu de la filière bois, qui est performante en France et emploie des milliers de personnes dans des régions dévastées par les crises sidérurgiques ou de l’industrie textile. Quel serait l’impact d’une seconde crise, due à l’arrêt de la filière ?

Le papier reste nécessaire… et encore plébiscité

Sans entrer dans un débat sur l’inertie au changement, qui stigmatise les personnes âgées ne voulant soit disant pas changer leurs habitudes de vie, il est indéniable que la papier a encore de nombreux services à nous rendre.

Comment peut-on envisager l’envoi d’un document important en recommandé avec accusé de réception sans recevoir le précieux bordereau papier montrant que celui-ci a bien été reçu ? Que ce soit pour annoncer une démission, pour répondre à une importante offre de marché public, ou pour un colis précieux les méthodes de distribution ont su s’adapter à nos besoins avec différents supports, aujourd’hui en ligne vous pouvez même acheter plusieurs modèles d’enveloppes bulles. Comprenez maintenant pourquoi l’idée de recevoir une simple notification sur un téléphone portable ne plait pas à une majorité de personnes. Parce qu’un simple bug informatique peut faire perdre beaucoup.

Et que dire des voyageurs en train qui, pensant moderniser leurs titres de transport, sont contraints d’imprimer leurs e-billet de peur que le contrôleur ne puisse les lire convenablement ? Sommes nous également prêts à nous passer de carte bancaire, celle-là même que nous recevons par courrier dans une enveloppe, avec un code secret imprimé. ?

Des exemples comme ceux-ci, il en existe légion.

Pour conclure

Si les E-mails ont un coté pratique que l’on ne peut pas remettre en cause (rapidité, fiabilité, partage), ils ne sont pas sans impact sur la planète. Leur rationalisation et leur suppression n’est pas encore entrée dans les habitudes. Le papier demeure un outil fiable, agréable, contribuant l’économie locale, et dont nous ne sommes pas encore prêts à nous passer lorsqu’il s’agit d’actes importants de notre vie.

Par Polymeta News France 0 commentaires

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