La start-up Revolut au coeur de la tourmente

La néobanque britannique Revolut entend révolutionner le marché bancaire avec ses services innovants. Grâce à une croissance spectaculaire, elle concurrence aujourd’hui de plus en plus d’acteurs traditionnels. Mais la start-up devenue licorne doit dans le même temps faire face à de graves accusations, entre blanchiment d’argent et conditions de travail extrêmes. Alors que se cache-t-il derrière cette succes story ?

Revolut, une alternative aux banques classiques

Revolut est une banque entièrement digitale, fondée à Londres en 2015 par Nikolay Storonsky et Vlad Yatsenko, deux anciens ingénieurs spécialisés dans la finance. La société a développé une application mobile bancaire intégrant de nombreux services pour les particuliers et les professionnels.

Son principal avantage réside dans sa capacité à permettre à ses utilisateurs de réaliser des paiements en devises étrangères sans frais, contrairement à l’immense majorité des autres banques. Ses clients peuvent donc voyager et réaliser des paiements dans le monde entier gratuitement, jusqu’à un certain seuil.

Par ailleurs, Revolut propose trois offres, la première propose un compte gratuit, soit aucun frais de tenue de compte et de carte bancaire. Les deux autres, plus complètes en termes de services disponibles, sont proposées à 7,99 € et 13,99 € par mois. Elles incluent des options telles que l’assurance médicale à l’étranger, l’assurance bagages et vols retardés, un support client prioritaire, l’accès à des crypto-monnaies ou du cashback sur les paiements par carte.

Si la société Revolut se veut être un acteur révolutionnaire proposant une alternative efficace aux banques classiques, elle ne propose en revanche pas encore le droit au découvert ou l’accès à un compte épargne.

Cela n’empêche pas la start-up anglaise de compter aujourd’hui plus de 3,5 millions de clients en Europe, au prix d’une croissance impressionnante puisque ils n’étaient « que » 2 millions en juin 2018. Elle se dispute le marché avec son principalement concurrent, l’allemand N26. Mais que se cache-t-il réellement derrière le succès foudroyant de cette licorne valorisée à 1,5 milliard de dollars ?

Le revers de la médaille

Suite à des accusations venues de toutes parts, la croissance de Revolut a été quelque peu remise en cause. La société est en effet en plein coeur d’un scandale médiatique autour de deux sujets principaux.

Ainsi, d’après le magazine californien Wired, les conditions de travail imposées par Revolut à ses salariés sont tout simplement intenables. Les objectifs fixés par les responsables de la néobanque seraient par exemple impossible à atteindre, et les horaires de travail dantesques. Cela aurait pour conséquences de nombreux burnout et un turn-over extrêmement élevé, avec une durée de vie moyenne de seulement 1 an dans l’entreprise. Le magazine en veut pour preuve l’une des conditions d’accès à un entretien d’embauche dans la société qui est de recruter 200 nouveaux clients en une seule journée. Le licenciement abusif serait également monnaie courante chez Revolut pour celles et ceux ne parvenant pas à remplir leurs objectifs.

Parmi les autres sujets brûlants, Revolut doit se défendre face aux accusations du Telegraph qui soupçonne la société londonienne d’avoir autorisé des opérations de blanchiment d’argent en 2018. Pour l’heure, Nikolay Storonsky, l’un des fondateurs aujourd’hui PDG, nie tout en bloc.

Les prochains mois seront donc décisifs pour Revolut. La néobanque devra en effet se dépêtrer de ces affaires pour pouvoir poursuivre son ascension dans le secteur bancaire.

Par Polymeta News Finance 0 commentaires

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