Les loot boxes maintenant considérées comme des jeux de hasard en Belgique

Le jeu vidéo est un domaine où l’innovation est constante et nécessaire. Pour faire face à la concurrence et fidéliser les joueurs, l’ajout de nouvelles fonctionnalités est primordial dans la réussite d’un opus. Mode multijoueurs, contenu additionnel, mises à jour régulières sont maintenant devenus indispensables à toute bonne série qui ambitionne de durer.

Les éditeurs ont donc choisi de passer un cap en disséminant des « pochettes-surprises » au contenu aléatoire, parfois payant tout au long de leurs productions. Ces boîtes permettent aux joueurs qui les utilisent d’obtenir des avantages pour avancer plus vite dans le jeu. Armes inédites, personnages cachés, équipement, tout est bon pour attirer le chaland dans la loot box. Le succès de ce nouveau marché est tel que certains éditeurs tireraient plus de bénéfices des microtransactions, ces petits achats à l’intérieur du jeu, que des ventes elles-mêmes !

Pourtant, certains pays ont pris des mesures radicales contre ce qu’ils considèrent comme des jeux de hasard. Retour sur une polémique qui secoue le monde du jeu vidéo.

Retour sur les faits

Le 25 avril 2018, la Commission des Jeux de Hasard belge annonce que les loot-boxes seront désormais considérées comme des jeux de hasard. Depuis la sortie de Star Wars : Battlefront II en novembre 2017, les loot-boxes étaient dans le viseur des autorités.

Ce jeu interminable obligeait les joueurs à squatter l’écran pendant des dizaines d’heures pour obtenir le droit de jouer avec les personnages les plus puissants… à moins de dépenser quelques centaines de dollars. La colère et l’indignation des joueurs avaient poussé Electronic Arts à retirer les loot-boxes du jeu.

Cet événement a poussé les autorités belges à diligenter une enquête qui, après avoir étudié quatre jeux en particulier, Overwatch, Counter-Strike : Global Offensive, FIFA 18 et donc Star Wars : Battlefront II, en a tiré la conclusion que les loot-boxes étaient bien des jeux de hasard et à ce titre illégales.

Des cadeaux empoisonnés ?

D’après la commission, les loot-boxes réunissent les trois conditions caractéristiques des jeux de hasard, un élément de jeu, la notion de hasard et de potentiels profits ou pertes. Elles doivent donc être régulées par la législation en vigueur, notamment en ce qui concerne la protection des mineurs.

Les éditeurs qui persisteront à proposer des loot-boxes seront donc susceptibles de poursuites au pénal. Les sanctions prévues peuvent s’élever à 800 000 euros d’amende et cinq ans d’emprisonnement. Ces peines pourront même être doublées si l’implication de mineurs est avérée.

Dans plusieurs pays, une législation précise tente de se structurer au sujet de ces boîtes à trésors, objet de fascination pour les joueurs et de revenus pour les éditeurs. L’Australie les considère comme des jeux d’argent depuis novembre 2017, la Chine force les éditeurs à détailler les possibilités de gains des loot-boxes et les Pays-Bas prohibent la possibilité pour les joueurs de s’échanger le contenu des loot-boxes.

La prolifération des boîtes

Pourtant, malgré ces tentatives de régulation, les loot-boxes prolifèrent, comme l’ont précédemment fait les casinos sur internet, pour lesquels on retrouve aujourd’hui des plateformes recensant la meilleure sélection de sites de casino en ligne. À noter que les loot- boxes sont maintenant au programme de toutes sortes de jeux. Aventure, sport, beat’em up, la promesse de contenu additionnel exclusif ou du moins intéressant exerce une fascination sur les joueurs et il est peu probable que les éditeurs renoncent à une telle manne.

D’autant que même les instances de régulation européennes comme le PEGI, chargées de l’attribution des catégories d’âges auxquels d’adressent les jeux vidéos, ne les reconnaissent pas comme des jeux de hasard. Arguant du fait que même si ce n’est pas ce que l’on espère, on reçoit toujours quelque chose.

Les éditeurs ont déjà entamé le bras de fer avec l’État belge. Pour ce faire, certains comme 2K Games ont mobilisé leurs troupes et ont demandé à tous les joueurs d’exprimer leur désaccord au gouvernement belge. Cette alliance pourrait bien peser lourd dans la balance même si d’autres comme Valve, Blizzard, ou récemment EA avec FIFA ont décidé de retirer les loot-boxes de leurs productions pour se conformer à la loi.

Pourtant, il n’est pas venu le temps où les loot-boxes cesseront de pousser comme des champignons magiques dans les jeux vidéos. Les actions législatives intentées sont bien souvent reboutées, car les éditeurs ont su nicher leurs loot-boxes dans des zones grises de vide juridique. Sans une action coordonnée à l’échelle européenne, l’avenir des loot-boxes est assuré. Comme le dit un porte-parole de 2K Games, les microtransactions sont « une réalité malheureuse du jeu vidéo moderne », et ce n’est pas près de changer.

Par Polymeta News International 0 commentaires

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